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Bon Stress, mauvais Stress

stay calm under pressure

SOUFFLEZ UN PEU !

Le stress, le surmenage émotionnel sont des symptômes de notre mode de vie actuel, le prix que nous payons pour « tout avoir ». Le stress est un problème important de nos jours, et rien n’est moins surprenant. Dans le monde développé, nous pouvons tout faire, et la plupart d’entre nous ont le sentiment de ne jamais en faire assez.

Cette pression est alimentée par notre culture du « toujours connecté » , les images trafiquées numériquement, et par le flux continu de téléréalité, d’informations et d’opinions déguisées sous forme d’informations générés par les media.Tellement de femmes jonglent entre leurs carrières, leurs mariages et leurs enfants, tout en essayant d’être présentes pour leurs familles et leurs amis, en plus de faire du bénévolat et de rester minces, à la mode, très soignées et jeunes (oh, et j’allais presque oublier, sans tomber dans le rouge). Et comme si cela ne suffisait pas, et certains pensent que notre mode de vie moderne y est pour quelque chose, beaucoup font face à tout cela en plein combat contre une maladie grave. Parce que lorsque le cancer du sein vous frappe, vos pressions quotidiennes ne s’envolent pas.

BON STRESS, MAUVAIS STRESS

Certaines pressions sont saines, et parfois même nécessaires. La pointe d’adrénaline que nous ressentons à l’amorce d’un nouveau projet, ou à l’approche d’une date butoir, accroît notre motivation. Mais, lorsque nous essayons d’en faire trop, le stress devient littéralement notre ennemi.

Le cortisol, première hormone du stress, augmente le taux métabolique de notre corps en préparation d’une réponse « combat-fuite ». Il augmente notre fréquence cardiaque, notre respiration et notre pression sanguine. Il agit également sur certaines fonctions essentielles de notre corps, telles que la digestion, la division cellulaire, et même nos processus de reproduction, les mettant « sur pause » jusqu’à ce que le calme revienne. Être constamment sur le qui-vive et capable de réagir face à une situation d’urgence vitale et imminente est utile lorsque nous en avons besoin, mais vivre constamment ainsi nuit à notre santé.

Le stress agit sur notre capacité de réflexion et de mémorisation ; il a été démontré que le stress augmente le risque de dépression et peut aggraver les risques pour la santé tels que les AVC et les maladies cardiaques. Il a également un impact sur nos systèmes immunitaires, et les scientifiques craignent aujourd’hui qu’il réduise notre capacité à combattre le cancer.

QUAND LES PRESSIONS QUOTIDIENNES SE TRANSFORMENT EN STRESS !

Au cours des 100 dernières années,les rôles des femmes ainsi que les opportunités s’offrant à elles ont évolué de manière spectaculaire. Aujourd’hui,pour la plupart d’entre nous, il est parfaitement possible d’obtenir un doctorat, d’être le PDG d’une société et de mener la danse dans nos relations.

Pourtant, nous sommes toujours celles qui portons et nourrissons nos enfants, et beaucoup d’entre nous cherchent encore à créer cet idéal romantique de la famille unie.

Nous devons donc gérer notre vie professionnelle en plus d’une vie personnelle bien remplie. De ce fait, fatalement, le stress nous envahit. De plus, l’envie de « tout avoir » peut très rapidement devenir le besoin d’« avoir tout à faire ». Mon fils avait trois ans lorsque mon mariage s’est effondré. Je me suis instantanément retrouvée projetée dans le rôle du gagne-pain unique, en plus de devoir, à moi seule, créer et entretenir une vie pour deux. Dans ce genre de situation, le stress est une épée à double tranchant : vous ne pouvez ni vous permettre de reconnaître son existence (car vous pourriez être troublée), ni y succomber (car vous n’avez pas d’autre choix que de continuer malgré tout).

Relâcher la pression signifie échapper au quotidien et tout simplement baisser le volume un instant.

CASSEZ CE CERCLE VICIEUX

Isabel van der Ven, coach de vie, vivait avec son mari Peter dans sa Hollande natale, et occupait un poste à responsabilités en tant que chef de projet auprès duMinistère de l’Agriculture néerlandais, en plus d’assurer son rôle de mère auprès de ses filles âgées de deux et six ans. Combinez ceci avec trois heures de trajet tous les jours, et vous verrez que sa vie était tout simplement bien remplie.

Isabel n’avait pas l’impression d’en faire trop : « Pour moi, ma vie était un conte de fées », dit-elle. Mais lorsque celle-ci a découvert une grosseur au sein en prenant sa douche, peu de temps après son 40ème anniversaire, le monde s’est soudainement écroulé autour d’elle. Choquée d’apprendre qu’elle devra subir une mastectomie totale, Iabel s’en est sortie avec dix mois de traitement, deux tentatives infructueuses de reconstruction par expansion tissulaire, et, finalement, une reconstruction par lambeau du muscle grand droit de l’abdomen (TRAM). Elle a été contrainte d’abandonner sa carrière, car le traitement l’épuisait et les effets secondaires de la chimiothérapie l’empêchaient de se concentrer.

Isabel n’a pleinement pris conscience du stress généré par sa vie qu’au terme de son traitement. « Lorsque vous n’avez plus aucun rendezvous, c’est comme si votre filet de sécurité vous avait été enlevé. C’est à ce moment-là que surviennent des sentiments de colère, de peur, de confusion, mais aussi des questions cruciales du type « et après ? ». Elle a essayé de faire un peu de volontariat afin de se créer une routine quotidienne régulière, mais n’a pas trouvé ce qui lui correspondait. La famille a même consacré trois mois à un voyage en camping-car à travers les États-Unis: une aventure exceptionnelle, mais hélas, toujours la même vie.

Par la suite, Peter s’est vu offrir un poste au Royaume-Uni, qui semblait être une opportunité fabuleuse. « À notre première rencontre, nous étions d’accord sur le fait que nous aimerions voyager autant que possible et découvrir différentes cultures. Par conséquent, nous avons décidé de faire le grand saut et de déménager. » La vie dans le sud rural de l’Angleterre était merveilleuse. Cependant, après avoir aidé ses filles à s’habituer à l’école, Isabel ressentait toujours ce besoin de nouveauté. Alors qu’un jour,elle feuilletait un magazine chez le coiffeur, elle est tombée sur un article au sujet d’un stage de coaching de vie en Espagne. « Je n’avais jamais entendu parler de coaching de vie avant ça. Mais rien qu’en lisant l’article, j’ai su tout de suite que c’était exactement ce que je recherchais. »

TROUVEZ LE JUSTE MILIEU

Poussée par l’envie d’en apprendre toujours plus sur sa personne, Isabel a décidé de préparer un diplôme en coaching. Elle a appliqué les enseignements à sa propre vie : « Aujourd’hui, j’en ai appris davantage sur mes valeurs, les choses qui sont nécessaires pour moi afin d’être pleinement épanouie. J’ai notamment besoin d’être en contact avec la nature. C’est la raison pour laquelle nous avons Max, notre merveilleux Golden Retriever, qui, tous les jours, me fait me balader dans la campagne. » Au cours du stage de coaching, on a demandé à Isabelle s’il y avait quelque chose qu’elle aurait toujours aimé faire mais qu’elle n’a jamais pu faire. « J’ai toujours rêvé de jouer du saxophone, bien que je doute un peu de mon talent. »

Par conséquent, elle a commencé à apprendre à y jouer il y a tout juste quatre ans, même si à l’écouter jouer, on croirait qu’elle a fait ça toute sa vie. Il était essentiel que le besoin d’indépendance d’Isabelle soit relié à son besoin de travailler et d’être productive. Ainsi est née la société Live Your Life After Breast Cancer (LYLAC). Avec sa partenaire, Jo Lee, docteur et coach de vie, qui a également souffert d’un cancer du sein, elle dirige aujourd’hui des ateliers à travers tout le sud de l’Angleterre, en vue d’aider les femmes à se remettre en selle après un cancer du sein, et afin de coacher des clients individuellement. Le coaching a permis à Isabelle de se rendre compte de ce que représente le stress pour elle, et d’apprendre à le gérer. 

« Il faut simplement trouver un équilibre, trouver un juste milieu entre toutes les choses qui sont réellement importantes dans votre vie », conclutelle. « Pour moi, le cancer a été un cadeau, avec un emballage au goût amer. Si je n’avais pas eu de cancer, je n’aurais pas voyagé à travers l’Amérique, je n’aurais pas déménagé au Royaume-Uni, je n’aurais pas eu de chien, et je n’aurais pas joué dans un groupe de jazz-swing à succès, ni dans un orchestre. Une fois que vous avez pris conscience des changements dont vous avez besoin, vous devez réfléchir à la manière de les concrétiser. Alors vous savez ce que vous avez à faire. »

Relâchez la pression

PAUSE ET ÉQUILIBRE

Courir des marathons et escalader des montagnes ne font peut-être pas partie de votre liste de remèdes antistress. Mais lorsque Trish Otto, pédicurepodologue, s’est vue diagnostiquer un cancer du sein, à tout juste 37 ans, et qu’elle a commencé les traitements épuisants, celle-ci n’a pas voulu abandonner cette chose qui non seulement lui donnait beaucoup de plaisir, mais qui, en plus, lui donnait l’impression de contrôler au moins un aspect de sa vie. Trish jouait sur plusieurs tableaux lorsqu’on lui a découvert, en 2011, une grosseur au sein.

Elle et son mari, ainsi que sa petite fille, séjournaient à Portland, dans l’Oregon, pour le week-end, à la recherche d’écoles et d’un logement à louer car, Trish ayant accepté un nouveau poste, la famille devait déménager du Wisconsin. Puis, une mammographie, des ultrasons et une biopsie plus tard, le diagnostic tombe. Le résultat est positif. Le choc est rude pour Trish. Dans le feu de l’action, elle fit appel à tous ses collègues médecins afin que ces derniers l’aident à déterminer le meilleur traitement pour elle : une double mastectomie. « J’étais atteinte d’un type de cancer agressif et je voulais éliminer, autant que possible, les risques de récidive », explique-t-elle. Ont suivi des séances de chimio éprouvantes, qui ont eu lieu en plein milieu du déménagement de Trish à Portland et de la prise de ses nouvelles fonctions. « On m’a dit que je pouvais prendre des congés, mais j’ai dit non. Je pense que travailler m’a aidée, et je courais un peu moins de dix kilomètres tous les deux jours lorsque j’étais sous chimio.

« Mon médecin pensait que j’étais folle, mais je savais que ça m’aidait à maintenir un niveau d’énergie élevé. » Trish admet que sa vie était stressante avant son cancer. « En tant que médecin, il vous arrive d’être de garde, et vous avez un emploi du temps de fou. Je suis une accro du travail et après mon diagnostic, j’ai été contrainte de mettre ma vie en perspective. Maintenant, je sais que l’on doit prendre du temps pour soi et se relaxer, mais pour moi, ça ne veutpas dire ne rien faire ! » Depuis son diagnostic, au lieu de lever un peu le pied, et en plus de courir des marathons et des ultramarathons, Trishs’est également mise à l’escalade. « C’est ainsi que j’ai fait la connaissance d’une femme prénommée Linda. Âgée de 72 ans, celle-ci souffre d’un cancer du sein qui s’étend à sa structure osseuse, et ça ne l’arrête pas pour autant ! » Les deux femmes font de l’escalade ensemble le week-end, et ont récolté de l’argent pour des associations caritatives en lien avec le cancer du sein. 

Trish sait que beaucoup de femmes trouvent ce remède antistress plutôt intimidant, mais, comme Isabel, elle croit fermement que toutes, nous avons besoin de trouver un moyen qui nous permette de faire table rase et de passer à autre chose. « On a besoin d’une piste qui puisse nous insuffler de l’énergie. Les jours qui ont suivi mon diagnostic, j’avais crainte de l’avenir. Mais rencontrer Linda et voir cette femme vivre sa vie à fond m’a fait prendre conscience que je devais faire pareil. J’ai alors repris ma vie en main, et toutes mes craintes se sont envolées. »