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RetourLe mystère dans votre trousse de maquillage

Doit-on se méfier des produits cosmétiques « entièrement naturels » ou bio ?

Fait rarement évoqué, les anciennes geishas japonaises, connues dans le monde entier pour leur beauté éclatante et leur maquillage artistique saisissant, se maquillaient à l’aide de produits entièrement naturels. 

Du blanc de céruse, un pigment à base de plomb. 

Leur fond de teint impeccable était effectivement naturel : on trouve du plomb en petite quantité dans les plantes, les animaux, l’air, l'eau, la poussière ou encore la croûte terrestre. Il n’en est pas moins, nous le savons aujourd’hui, une substance cancérigène avérée. 

Cet exemple est peut-être extrême, mais il illustre à merveille l’idée qu’un produit « entièrement naturel » n’est pas nécessairement « supérieur ». Alison Raffaele Tatem, fondatrice et directrice de la création chez Alison Raffaele Cosmetics, garde toujours cela en tête lorsqu’elle se fraye un chemin à travers le paysage en pleine évolution des produits d’hygiène et des cosmétiques.

« En tant que maquilleuse, j’ai toujours eu le sentiment que si on se met un produit nocif sur la peau, celui-ci n’aura pas pour effet de vous embellir. C’est pourquoi, lorsque je me suis lancée dans la création de produits cosmétiques à base de formules traditionnelles en 2000, je me suis également intéressée à la controverse qui entoure l’utilisation des parabènes, » nous explique Raffaele. 

Préoccupations culturelles

À l’époque, on venait de découvrir un lien possible entre les parabènes (des conservateurs synthétiques couramment utilisés pour leurs propriétés antibactérienne et antifongique) et le cancer du sein. L'utilisation de parabènes est source d’inquiétude en raison de leur capacité à imiter les œstrogènes, lesquelles peuvent influer sur la croissance des cellules cancéreuses du sein. 

Au moment où nous publions cet article, aucune étude n’a pu apporter de preuve concluante permettant de corroborer ce lien. Toutefois, les parabènes restent un sujet d’actualité pour les personnes soucieuses de leur santé, en grande partie à cause de la prolifération des posts sur Internet, de la visibilité croissante des groupes de surveillance préoccupés par la santé et de la forte tendance en faveur des produits bio et écologiques. 

Après avoir découvert que les parabènes pouvaient être remplacés par d’autres types de conservateurs, les fabricants de maquillage et de produits d’hygiène, dont Raffaele, se sont mis au pas. 

Le saviez-vous ? La solution Soft Cleanser et les lingettes Skin Preparationd’Amoena ont été reformulées pour ne contenir aucun polyéthylène glycol (PEG), dérivé, colorant ou parabène. 

Des rumeurs à jamais changeantes

Ce thème étant omniprésent dans les médias américains, il est facile de confirmer tout doute concernant un ingrédient (fondé ou non) en faisant une recherche rapide sur Google. En effet, la presse à sensation (blogs, magazines et autres médias) n’hésite pas à publier des articles qui en feraient sourciller plus d’un. De plus, comme aux États-Unis il n’existe aucune instance dirigeante officielle relative aux cosmétiques - la FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) n’exige ni de tester la qualité des cosmétiques avant leur mise sur le marché ni d’enregistrer la liste des ingrédients et des équipements utilisés par les fabricants - le secteur ne possède aucune référence universelle en la matière. 

D’un autre côté, l’American Cancer Society, une association nationale de lutte contre le cancer, met les internautes en garde : « Les consommateurs doivent être conscients qu’il n’existe aucune preuve indiquant que les produits cosmétiques qualifiés de « naturels », « bio » ou « verts » soient en fait plus sûrs que les produits classiques. » En outre, le Personal Care Products Council, la première association professionnelle représentant les industriels des produits d’hygiène et de cosmétique aux États-Unis, a publié la déclaration suivante en mars 2012 : « Il ne faut pas assimiler la simple présence de certains produits chimiques à une possible nocivité car cela effraie inutilement les consommateurs. En effet, ces produits sont formulés à partir d’ingrédients dont la sûreté a été démontrée par une multitude de données scientifiques. »

Par conséquent, il revient aux consommateurs de faire leur propre choix. Le maquillage devrait-il être « présumé innocent jusqu'à preuve du contraire », comme nous l’avons fait depuis plusieurs siècles, ou bien vice-versa ? Aucune de ces lignes de conduite n’est nécessairement fausse, et ce n’est pas forcément non plus tout l’un ou tout l’autre. (Évidemment, pour celles qui désirent à tout prix éviter le moindre risque, il existe une solution : se passer complètement de produits de beauté.) 

Chercher à bien faire

Une autre association, la Breast Cancer Fund, s’efforce de « mettre au jour les causes environnementales du cancer du sein et de les éliminer. » Pour ce faire, elle a lancé une campagne remarquable en faveur de l’utilisation de cosmétiques sûrs (Campaign for Safe Cosmetics). En plus de sensibiliser le public, cette vaste coalition aide de nombreux consommateurs à choisir les produits qu’ils achètent. Si vous décidez d’opter pour des produits naturels et bio, il y a de plus en plus de choix.

Toutefois, ce n’est pas toujours évident de trouver des produits alliant « pureté » totale et efficacité. Raffaele nous donne un exemple : « C’est très difficile de mettre la main sur des mascaras propres offrant une bonne tenue. » Elle recommande de procéder par petites étapes. « Les soins de la peau ont connu des progrès plus importants que les produits cosmétiques colorés. Il reste encore du chemin à parcourir au niveau de la coloration et de la tenue. » Ainsi, pour profiter au maximum de ce qui est disponible actuellement, le mieux est de commencer par les produits de toilette comme, par exemple, les lotions, les déodorants et les shampooings. 

Selon les créateurs de Dirty Beauté.com, la règle d’or, c’est de rester le proche possible du sol. « Les besoins et les fonctions naturelles de notre peau en préservent la beauté, » nous révèle la fondatrice de la société, Samantha Dickey. « Pour qu’elle garde son éclat, il suffit de lui apporter des éléments de base. Le soleil et la terre apportent ces éléments aux plantes, et les plantes nous les transmettent à nous. À l’instar des fruits et légumes, ce sont les plantes
« fraîchement cueillies » qui nous procurent le plus de bienfaits. »

Dickey conseille aux consommateurs de rechercher les ingrédients suivants dans leurs produits cosmétiques : 

  • L’indice de protection solaire (IPS). L’exposition solaire prolongée est la cause principale du vieillissement prématuré de la peau. L’IPS permet de nous protéger des méfaits du soleil. 
  • Les antioxydants. Les vitamines A, C et E sont des antioxydants que l’on trouve dans des ingrédients naturels comme l’extrait de thé vert et le beurre de karité. Ceux-ci permettent d’empêcher les toxines (comme la surexposition au soleil) d’endommager les cellules saines. 
  • Les acides gras indispensables sont littéralement des « acides gras » « indispensables » au maintien d’une peau douce et hydratée.  Notre organisme étant incapable de les synthétiser, nous devons les absorber par le biais des plantes. On en trouve dans le beurre de karité, le beurre de cacao, le beurre de mangue, l’huile de soja et l’huile d’olive. 

Ne pas oublier : être à son avantage peut favoriser la guérison

Pour celles qui viennent d’entamer leur parcours du cancer du sein, il est extrêmement important de ne pas renoncer aux produits de beauté. Au cours de la chimiothérapie, en particulier, le fait de se sentir soi-même (se sentir belle) peut même avoir un impact sur la réaction au traitement. Le livre Beauté Pearls for Chemo Girls rappelle aux lectrices qu’avoir bonne mine permet de se sentir mieux : « Prenez soin de vous au niveau physique, émotionnel et spirituel, » préconisent ses auteurs. « Il ne s’agit pas seulement de garder une vie normale au cours de la maladie... refuser de céder à celle-ci représente un acte d’espoir et de courage. »

Le plus important, souligne Raffaele, c’est d’être une consommatrice avertie. Ne vous contentez pas de « troller » sur Internet. Parlez à vos médecins. Recherchez des études scientifiques (difficiles à trouver). Posez des questions. Trouvez des sociétés en qui vous avez confiance. Si vous leur demandez des détails précis, de nombreuses sociétés vous répondront, et pas seulement dans le but de vous fidéliser. En effet, c'est le début d’une nouvelle tendance. L’histoire des cosmétiques est en pleine évolution, et la plupart des fabricants veulent être les premiers à faire le bon choix.