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Mamelons : est-ce qu’ils comptent vraiment ?

Les mamelons comptent-ils ?

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Dame Nature ayant pourvu les femmes de mamelons pour qu’elles puissent nourrir leurs petits (et, bizarrement, les hommes aussi), cela nous semble tout naturel d'en avoir. Et pourtant, le sein a l’air bien seul sans son mamelon.  Nous avons demandé à nos lectrices si pour elles, les mamelons représentaient la « cerise sur le gâteau ».

En général, les femmes qui ont perdu un sein choisissent soit de porter une prothèse mammaire soit de subir une mammoplastie. Chacune de ces solutions permet d’avoir une silhouette qui dissimule complètement l’ablation. Mais quand on perd un sein, on perd également un mamelon. Et même si c’est quelque peu gênant d'entrer dans une pièce avec un haut ajusté et de se rendre compte que ces messieurs pointent, la plupart des femmes préfèrent retrouver une silhouette rehaussée d’un mamelon après leur opération. Pour y parvenir, on a le choix entre plusieurs solutions : des mamelons en silicone faits sur mesure, un tatouage médical, des greffes de peau ou encore des mamelons auto-adhérents comme ceux d’Amoena.

En recréer un

En ce qui concerne le traitement du cancer du sein, la tendance actuelle est clairement à la chirurgie conservatrice (lumpectomie) avec reconstruction immédiate. Et dans les cas où une mastectomie totale s’impose, là encore on privilégie la reconstruction immédiate. Par conséquent, de plus en plus de femmes se réveillent après leur opération avec un sein reconstruit, ce qui, paraît-il, les aide à surmonter les séquelles émotionnelles associées au cancer du sein. Avec deux seins, elles se sentent en effet plus « femmes », ce qui favorise leur retour à la vie normale. À l’inverse, subir une mastectomie sans reconstruction serait un rappel constant de leur cancer. D’autres femmes, quant à elles, subissent une chirurgie réparatrice quelque temps après leur mastectomie. Mais pourquoi se faire reconstruire un mamelon ? L’image corporelle est un sujet délicat et parfois, notre recherche de la « perfection » s’avère quelque peu irrationnelle (et presque incompréhensible pour notre compagnon qui subit avec nous notre calvaire). En effet, les femmes sont prêtes à traverser bien des épreuves pour recréer le sein ou les seins qu’elles ont perdu suite à leur cancer, et ce alors que, pour la plupart, personne ne les verra jamais. Et tandis que certaines ont passé d’innombrables heures sur le billard pour se faire reconstruire le sein, ce qui implique parfois de se faire enlever la chair de certaines parties du corps et de se retrouver avec plusieurs cicatrices au lieu d’une, le monticule qui en résulte leur paraît bien dépouillé sans son mamelon. Bien que cela fasse cliché, de nombreuses femmes emploient l'expression « C'est la cerise sur le gâteau ». En d’autres termes, elles ne seront satisfaites qu’une fois qu’il aura retrouvé son trône.


Je me sens femme
Tous les mamelons sont différents. Les femmes qui n’avaient pas des mamelons saillants avant leur opération n’éprouvent pas forcément le besoin de subir une reconstruction ou de porter une prothèse afin d’éviter toute asymétrie lorsqu’il fait froid. D’autres, relativement indifférentes face à ce désagrément, souhaitent simplement être aussi belles que possible « pour elles-mêmes ». Pour elles, il s’agit de passer d’une poitrine presque androgyne à la poitrine féminine qu’elles avaient avant.

Quelles sont donc les solutions ? Tout d’abord, il y a la reconstruction du mamelon. Cette intervention consiste à recréer le mamelon soit en incisant le sein reconstruit et en le laissant cicatriser de façon à former une zone surélevée imitant l’aréole, que l’on tatoue ensuite, soit en faisant une greffe de peau prélevée au niveau d’une partie du corps plus foncée comme l’intérieur des cuisses. Ensuite, le moment venu, on peut également réaliser un tatouage de manière à reproduire la couleur de l’autre mamelon.

Sarah Henson a subi une reconstruction immédiate après sa mastectomie totale. Après avoir appris qu’une telle intervention était impossible à son hôpital de Peterborough, elle a demandé un deuxième avis et découvert que l’hôpital Addenbrookes, à Cambridge, pratiquait cette procédure. Selon elle, « ça aurait été beaucoup plus traumatisant de ne plus avoir de sein du tout. Ce n’était pas de la vanité, je pensais simplement que ce serait plus facile de gérer ma maladie. »

Sarah a subi une intervention par lambeau du muscle grand droit de l'abdomen, ou lambeau TRAM, qui a duré dix heures. Après avoir enlevé le tissu mammaire, le chirurgien a prélevé de la peau et du muscle de son abdomen pour pouvoir reformer son sein. « Ils ont prélevé des veines de mes jambes pour l’irrigation sanguine. Ensuite, ils ont dû me fissurer les côtes afin de pouvoir installer l’irrigation et effectuer la mastectomie par le mamelon. J’ai opté pour cette opération car je ne voulais aucune substance artificielle (c-à-d une prothèse en silicone).

Avant l’opération, le chirurgien de Sarah avait évoqué avec elle la recréation de son mamelon une fois le nouveau sein cicatrisé et stabilisé. Elle souhaitait connaître toutes les options à sa disposition mais avait beaucoup de mal à trouver des renseignements détaillés. « Je recherchais désespérément des renseignements sur Internet - quelque chose comme cet article, en fait ! Je voulais savoir à quoi ça aller ressembler et en quoi consistait l’opération. C'est impossible de se le représenter mentalement. J’ai demandé aux médecins de l’hôpital de me montrer des photos, mais ils m’ont simplement dit : « Tout ira bien ». Comme il existe très peu d’informations à ce sujet, j’aime bien en parler aux autres femmes que ça intéresse, » nous explique Sarah.

Quand elle a informé ses proches de sa décision de se faire reconstruire le mamelon, nombre d'entre eux lui ont exprimé leur incompréhension. « Ils étaient surpris que je veuille me refaire charcuter après tout ce que j’avais déjà traversé. Mais pour moi, il s’agissait de retrouver mon intégrité physique et d’accepter mon nouveau corps.

Ça m’a fait du bien psychologiquement. Il y a des moments où on se sent très complexée, et je me sentais bizarre sans mamelon. Les gens me dévisageaient - dans les vestiaires, par exemple. C’était un peu comme quand j’ai perdu mes cheveux. » Sarah avait bien envisagé le port d’une prothèse mais, nous explique-t-elle : « Je déteste porter quelque chose « en plus ». Je trouve ça désagréable.

C’est un peu comme ma perruque : je ne l’ai jamais portée ! Avec moi, c'est tout ou rien. J’ai appelé l’hôpital, et ils m’ont dit que j’avais le choix entre me faire faire un tatouage de la couleur d’un mamelon ou carrément de me faire reconstruire le mamelon. J’ai opté pour cette solution. »

L’intervention de Sarah consistait en une greffe de peau prélevée à l’intérieur de la cuisse. « Ils ont greffé cette peau sur mon sein reconstruit, puis ils lui ont donné une forme de mamelon en l’entortillant avant de la fixer. Au départ, il était beaucoup trop gros et j’avais peur qu’il reste comme ça indéfiniment, mais il s’est stabilisé et, progressivement, il a finit par rétrécir. À présent, il est de la même taille que mon autre mamelon.

Je me souviens avoir plaisanté avec le chirurgien qu'avec tous les progrès médicaux formidables de ces dernières années, ils pourraient faire pousser un mamelon sur une souris, par exemple, et me le greffer ensuite. Il a répondu : « Oui, Sarah, on pourrait effectivement le faire, mais il faudrait également vous greffer la souris ! » Ça nous a bien faire rire. »

Malgré l'absence de souris, Sarah était on ne peut plus satisfaite de son opération : « Ils ont fait preuve d’un professionnalisme exemplaire, et j’en suis vraiment reconnaissante. Ça a facilité ma guérison et je remercie infiniment les chirurgiens, les infirmières et tout le personnel de l’hôpital. »

Ravie du résultat, elle ajoute : « C’est comme mettre un point à la fin d’une ligne. Je m'en suis sortie. Je me suis remise de mon cancer du sein.  Voilà ce que ça m'a fait ressentir. »

Le conseil de Sarah aux autres femmes ? Bien se renseigner à l'avance sur les différentes options qui s’offrent à elles. « C’était quelque peu inquiétant de découvrir à quel point il existe peu d’informations là-dessus. Continuez à chercher, ne vous contentez pas d’un « non ». Et n'ayez pas peur de demander un deuxième avis. »

Plusieurs tentatives

Pour Linda Player, le processus de reconstruction du sein et du mamelon s’est avéré beaucoup plus compliqué qu’elle ne l'aurait souhaité. Diagnostiquée en 1991, elle a d’abord reçu un traitement au tamoxifène et n’a subi de lumpectomie qu'en 2003, suivie, l’année suivante, d’une mammoplastie par implant en silicone.

Toutefois, elle a dû subir une mastectomie totale après qu’on lui ait trouvé la maladie de Paget du mamelon (cancer du mamelon). Linda a opté pour une reconstruction par DIEP (une variante évoluée de la reconstruction par lambeau TRAM, où l’on prélève également de la chair et des veines de l’abdomen), réalisée ultérieurement. Toutefois, son sein n’a pas été reconstruit à la même hauteur que son sein naturel (quatre centimètres plus bas), ce qui lui a causé de graves problèmes de dos : « Je devais me pencher sur le côté pour pouvoir ajuster correctement mon soutien-gorge, ce qui a bien évidemment entraîné de terribles problèmes de posture, » nous raconte-t-elle.

L’opération visant à rectifier le problème n’a que partiellement réussi. Refusant de se contenter de ce résultat, Linda a fait des recherches approfondies sur Internet avant de trouver un chirurgien esthétique près de chez elle (East Grinstead) appelé M. Davison. Celui-ci a accepté d’harmoniser sa poitrine. « Il a fait un travail remarquable. Après l’opération, j’ai dû faire des séances de kinésithérapie pendant six mois afin de remédier à mes problèmes de nuque et d’épaule. »

Lorsqu’elle a décidé de faire reconstruire son mamelon deux ans plus tard, Linda s’est de nouveau adressée à M. Davison. Sa méthode consistait à pincer et à tirer la peau, avant de créer un cercle à l'extérieur pour former l’aréole. Le tout serait ensuite tatoué afin d’obtenir une couleur naturelle. Malheureusement, la nouvelle aréole était un peu plus grande que celle de son autre sein. Lors de sa consultation avec la spécialiste de la dermopigmentation Helen Porter (voir ci-dessous) au sujet du tatouage, celle-ci lui a conseillé de faire réduire la taille de la cicatrice faisant office d’aréole avant de redessiner un mamelon de la même taille que le mamelon restant de Linda.

« Helen a également permis d’atténuer mes autres cicatrices, » nous confie Linda. « Elles sont désormais plus planes et il n’y a presque plus de décoloration. Et pour ce qui est du mamelon, elle a fait un excellent travail. Je suis ravie. »

Linda est également d’avis qu’avant d’accepter toute chirurgie réparatrice, les femmes doivent être informées de toutes les options à leur disposition. « Renseignez-vous bien avant de vous lancer, » ajoute-t-elle, « et rappelez-vous de faire appel à un chirurgien esthétique pour ce qui est de la reconstruction. Demandez à voir des exemples de leurs travaux, comme ça vous saurez à quoi vous attendre. »

Un modèle sur mesure

Il y a cinq ans en novembre, Pat Bussy a subi une mastectomie suivie d’une reconstruction immédiate par lambeau du muscle grand dorsal. Le processus dans son intégralité lui a paru quelque peu accablant, voire déroutant en raison de la rapidité avec laquelle elle a dû prendre une décision : « Mon chirurgien m’a donné une explication détaillée de la mastectomie, mais j’étais tellement sous le choc d’avoir un cancer du sein que je voulais qu’il disparaisse. Il m’a montré plein de photos de reconstruction et je me suis dit : « Je ne suis même pas sûre de pouvoir prendre une décision à ce sujet. » Je me souviens qu’il a dit : « Vous êtes encore jeune, vous devriez envisager une reconstruction, » mais à ce stade de la conversation, je ne pense pas qu’il avait abordé le thème des mamelons. » Après l’opération, Pat était très satisfaite. Toutefois, lorsque son chirurgien lui a proposé de se faire reconstruire un mamelon six mois plus tard, elle a lui a expliqué qu’elle ne souhaitait pas se faire réopérer. « Comme il fallait déjà me faire remplacer mon implant mammaire, ce qui nécessitait une deuxième opération, j’ai dit : « Ça suffit. » Deux de mes amies ont eu un cancer du sein, et l’une d’elles s’est fait refaire un mamelon. Celui-ci est dur en permanence et très grumeleux - pas du tout le look que je recherchais. Ensuite, il m’a demandé si j’avais envisagé le port de mamelons adhésifs. Je ne savais même pas que ça existait. » Le chirurgien de Pat l’a adressée a un homme appelé John Buckle qui travaille à l’hôpital Wexham Park, à Slough. M. Buckle est l’expert-conseil en prothèses maxillo-faciales de Wexham Park. Lorsque Pat l'a consulté, « Ses explications étaient très claires, et il m’a donné le choix entre créer un mamelon à partir de rien ou faire un moulage de mon mamelon restant. On a décidé d’utiliser mon mamelon existant comme modèle, donc il a pris son empreinte et deux semaines plus tard, mes nouveaux mamelons étaient prêts. Il en fabrique cinq à la fois, ce qui m’a semblé bizarre. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m’a répondu : « C'est au cas où vous en perdiez un en faisant du shopping ! » Depuis, à chaque fois que je vais dans une cabine d’essayage, je jette toujours un dernier coup d'œil avant de repartir pour m’assurer que je n’ai pas fait tomber mon mamelon ! D’après lui, ils devraient durer huit ou neuf ans si je les porte en permanence. »


Grâce à la colle spéciale que Pat utilise pour fixer son mamelon, celui-ci reste en place pendant environ trois mois. Elle est ravie d’avoir décidé de rendre visite à M. Buckle : « Je croyais ne pas vouloir d’autre mamelon, mais ça m’a permis de retrouver mon intégrité physique. Et le fait que ce soit indolore représente un énorme avantage quand on s’est fait charcuter plusieurs fois. Pas mal de mamelons sont pris en charge par la sécurité sociale, mais on a payé le mien 450 £. C’était mon cadeau d’anniversaire de cette année-là ! »

Même si au départ elle n’avait pas envie de se tracasser avec un nouveau mamelon, Pat reconnaît qu’elle est désormais beaucoup plus détendue dans certaines situations comme, par exemple, lorsqu’elle doit se changer à la piscine ou qu’elle a la chance d’aller dans un spa. « Avant, je me sentais complexée, mais maintenant j’ai l’impression d’être comme tout le monde et je n’attire plus les regards. »

Une adhésion totale

À l’instar de Pat, Barbara Heard avait décidé de ne plus passer sur le billard après avoir subi une mastectomie suivie d’une reconstruction immédiate en 2005. Lorsque, par la suite, elle a dû se faire remplacer son implant mammaire, son chirurgien lui a suggéré d’en profiter pour se faire reconstruire un mamelon. Barbara a toutefois refusé. En effet, pour elle, une greffe de peau, c’était l’opération de trop. Elle a donc continué à utiliser des mamelons auto-adhérents.

Amoena a récemment relancé sa gamme de mamelons auto-adhérents. Réalisés en silicone plus douce pour un aspect et une sensation des plus naturels, ils présentent une aréole plus ferme que l’on peut voir à travers le tissu de la plupart des soutiens-gorge, et sont disponibles dans une plus grande variété de couleurs et de tailles. Bénéficiant de la même technologie auto-adhérente et non collante que les prothèses mammaires Amoena Contact, ils adhèrent directement à la peau et sont conçus pour être enlevés en fin de journée. Vu que Barbara utilisait déjà des mamelons Amoena, nous lui avons demandé d’essayer notre nouvelle gamme et de nous rendre compte de son expérience pour cet article. Bien qu’ayant toujours été satisfaite des mamelons Amoena, Barbara nous explique : « Comme ils sont très fins au niveau des bords, là où ils s’affinent pour se fondre à la peau, je dois faire extrêmement attention en les enlevant car ils se déchirent facilement. J'ai rencontré le même problème avec les nouveaux mamelons, même si la silicone est nettement plus résistante. » Toutefois, leur adhérence demeure excellente. Barbara avoue même que quand elle a commencé à utiliser les mamelons il y a plusieurs années, elle oubliait souvent de les ôter le soir : « C’est vrai qu’ils restent bien en place. En achetant ma première boîte, je n’avais pas réalisé que j’étais censée les enlever en fin de journée et les remettre le lendemain matin. Ils ont tendance à tomber en prenant ma douche, par contre ! » Et pour ce qui est de l’entretien, quel est son verdict ? « Ils sont très faciles à utiliser - aucun problème. Tout comme l'ancienne version, ils sont vendus avec un nettoyant qui prépare la peau et la surface adhérente à la fois. Tant qu’on veille à tout bien nettoyer, il n’y a aucun souci à se faire au niveau de l’adhérence. »

Continuera-t-elle à utiliser les nouveaux mamelons Amoena ? « Oui, je vais continuer à les utiliser. Comme j'ai une grosse poitrine, on voit que je n’ai qu'un seul mamelon quand il fait froid. Normalement, je mets le mamelon en m’habillant le matin et puis je l’oublie complètement pour le reste de la journée. Je dois dire qu’ils ont une super forme : on se sent sûre de soi en les portant. Je ne regrette pas d’avoir refusé de me faire reconstruire un mamelon. Personnellement, je trouve les mamelons adhérents beaucoup plus pratiques. Je n’ai jamais vu de mamelon reconstruit, mais j’ai entendu dire que le résultat laissait parfois à désirer. Je me souviens de la fois où je suis allée dans une cabine d’essayage avec une amie. Quand elle a vu mon sein reconstruit et que je lui ai dit que je portais une mamelon auto-adhérent, elle a écarquillé les yeux de surprise. Elle n’avait aucune idée que c’était un faux ! »

De nombreuses femmes ont fait le même genre de remarques à la directrice commerciale d’Amoena, Loretta Pitt. « Nombre de nos clientes nous disent qu’elles ne souhaitent pas retourner sur le billard, mais qu’elles adorent l’aspect de nos mamelons auto-adhérents, » explique-t-elle. « Ils sont très polyvalents : ils adhèrent aussi bien à une prothèse mammaire pour lui donner un contour très réaliste qu’à un sein reconstruit. Mais ils ont également une autre utilisation. La radiothérapie entraînant parfois une altération de l’apparence du mamelon naturel, leur face interne est légèrement enfoncée afin de pouvoir se fixer sur un vrai mamelon, permettant ainsi d’harmoniser les deux seins. »

Que mettriez-vous dessus ?

Même si on n’y attache pas beaucoup d’importance quand on en a deux, les mamelons peuvent donc devenir une sorte de saint graal lorsqu’on en perd un (ou deux) suite à un cancer du sein. Quelle que soit votre méthode de remplacement, nous espérons que cet article vous a éclairé sur les différentes options envisageables. Heureusement, le choix s'est tellement élargi qu’à l’heure actuelle, vous avez beaucoup plus de chances de trouver une solution à votre goût. Dans le public ou dans le privé ? Même si de nombreux hôpitaux offrent à présent un service de tatouage du mamelon, certaines femmes préfèrent consulter un spécialiste du tatouage médical indépendant. Helen Porter a tatoué le mamelon de Linda Player dans son salon Evolution Skin Studios, situé à Canterbury. Diplômée en dermopigmentation, Helen donne également des cours de tatouage médical à une clientèle de chirurgiens, d’infirmiers et d’esthéticiennes. « Avant de pouvoir colorer le nouveau mamelon de Linda, on a dû s’occuper de ses cicatrices, » explique-t-elle. « Pour minimiser la nouvelle aréole, on a tatoué par-dessus ses cicatrices à l’aide d’une aiguille très fine. La peau subit alors un microtraumatisme qui force le corps à se réparer en produisant de nouvelles fibres de collagène. C'est une excellente méthode pour effacer les cicatrices. Une peau traumatisée produit trop de collagène, ce qui peut entraîner l’apparition de cicatrices et de bosses. C’est souvent le cas après une grosse intervention chirurgicale. Avec cette méthode, le surplus de collagène est décomposé et évacué par le système lymphatique. »


Malheureusement, l’élimination des cicatrices n’est pas prise en charge dans le traitement du cancer du sein. « Pour une femme, les cicatrices sont parfois plus difficiles à supporter que le fait de ne plus avoir de mamelon. Et pourtant, on ne les informe que très rarement de la disponibilité de ce service. Vu que les cicatrices ne mettent pas en jeu le pronostic vital, leur enlèvement est considéré comme quelque chose de superflu qui ne nécessite pas de faire partie du traitement. »

Le processus de tatouage varie en fonction de la chirurgie subie et du type de peau. Ainsi, lorsque le mamelon n’a pas été recréé, Helen redessine un mamelon en 3D sur le sein reconstruit ou bien elle colorie le mamelon reconstruit. « On dessine d’abord la forme et la taille souhaitée avant de passer aux aiguilles. J’aime bien intensifier progressivement la couleur sur deux ou trois séances pour arriver au meilleur résultat possible. C'est un processus de superposition. » Il y a environ quatre semaines d’intervalle entre chaque séance. De plus, en fonction de la durée d’exposition de la poitrine au soleil, des retouches seront nécessaires tous les deux ou trois ans.

Malgré l’envolée des opérations de mammoplastie, Helen n’a pas vu sa clientèle augmenter car, d’après elle, de plus en plus d’infirmières sont formées au tatouage médical dans les hôpitaux. « Mais il faut quand même faire attention, » nous met-elle en garde. « Lorsque vous choisissez votre tatoueur - si votre hôpital n’offre pas ce service, vous pouvez chercher des spécialistes du tatouage médical sur google - demandez bien à voir leur portfolio de clichés avant/après. Les photos sont beaucoup plus parlantes que les mots. » Selon Helen, cette procédure en vaut vraiment la peine : « Ça change le sein reconstruit du tout au tout. Il passe d’un aspect étrange et presque enfantin à un sein d’apparence normale. De plus, lorsqu’on recrée un mamelon, le regard n’est plus attiré par les cicatrices. »

Pour contacter Helen, composez le +44 1227 764633, envoyez-lui un mail à info@evolutionskinstudios.com ou bien rendez-vous sur www.evolutionskinstudios.com.

Spécialiste en interne

Infirmière clinicienne spécialisée, Annette Tracey travaille depuis 26 ans à l’hôpital George Eliot, à Nuneaton. Figurant parmi les 40 premières infirmières britanniques à s’être spécialisées dans le cancer du sein, elle se sent honorée d’avoir pu assister à l’évolution qu’ont connu les soins mammaires au cours de sa carrière. Elle s’est lancée dans le tatouage de mamelon suivant la suggestion d’un des chirurgiens esthétiques de son hôpital. Même si elle avait hâte d’aider ses patientes, le démarrage n’a pas été simple pour Annette. « Comme il n’y avait aucune formation à l’époque, je suis allée voir un tatoueur dans le quartier et je lui ai expliqué ce que j'avais en tête. Il m’a alors laissé assister à ses séances de tatouage.


Par la suite, c’est presque devenu une obsession chez moi : même en vacances, je me faufilais dans les boutiques de tatouage pour jeter un œil à leur technique, » raconte-t-elle. « J’ai fini par trouver à l’autre bout de Birmingham une infirmière spécialisée dans les soins mammaires qui s’était lancée dans le tatouage de mamelon deux ans plus tôt. Je lui ai rendu visite, et elle m’a donné plein de renseignements et de conseils. En fait, c’est comme réapprendre à écrire. Quand on donne un crayon de papier à un petit enfant, il le casse car il appuie trop fort. C'est pareil pour le tatouage. Il faut apprendre à maîtriser la pression adéquate de façon à ce que l’aiguille entre dans la peau au bon niveau et que l’encre « prenne ». » Contre toute attente, Annette s’est d’abord exercée sur des peaux de banane, avant de pratiquer ses tatouages sur des peaux de cochon obtenues par le biais de son boucher de quartier. Annette était très anxieuse lors de son premier tatouage de mamelon, et pour cause. Elle se souvient avoir passé une nuit blanche juste avant d’effectuer l’appel de suivi visant à s'assurer que la patiente était contente du résultat. « J’avais peur qu’elle me dise que ça ne lui plaisait pas. Je l'avais accompagnée tout au long de son cancer du sein, et je l’avais vue retrouver petit à petit une vie normale. Et si j’avais tout gâché en ratant son tatouage ? Quand elle a décroché le téléphone, j’ai dit : « Bonjour, c’est Annette. » Elle s’est alors mise à inspirer profondément, et franchement, je n’avais aucune idée de ce qu'elle allait dire. Quand elle a réussi à parler, elle m’a dit : « Je ne sais pas comment vous remercier, vous avez changé ma vie du tout au tout. » Elle s’est mise à pleurer, et moi aussi ! »

Cette scène remonte à juillet 2002. Depuis, Annette a tatoué 267 patientes et transmis son expertise à plusieurs autres infirmières, même si, de nos jours, la majorité des hôpitaux envoient leurs infirmières en formation de tatouage médical. Reconnue dans sa profession, elle accepte les patientes à travers les Midlands, dont celles habitant Warwick et certaines zones de Birmingham. Récemment, elle a reçu une toute nouvelle machine à tatouer provenant de la société Finishing touches, qui se spécialise dans la vente d’appareils de tatouage et la formation de spécialistes de la dermopigmentation au Royaume-Uni et dans le reste du monde. « Nous sommes vraiment reconnaissants pour ce don, » nous confie Annette. « Ce sont les gens du coin qui ont collecté les fonds pour payer la machine. Parmi eux, certaines patientes ayant bénéficié de nos traitements. La nouvelle machine est légère, moderne et très facile à utiliser. »