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Hors de ma zone de confort

Pourquoi quelqu'un ayant toujours eu peur du vide voudrait sauter en parachute ?

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Pourquoi quelqu'un ayant toujours eu peur des hauteurs voudrait sauter en parachute?

C'est une question que je me suis posée chaque jour entre le moment où je me suis engagée et le moment où j'ai sauté dans le vide !

En fait, la réponse est assez simple. Je ne ferais jamais une chose pareille pour impressionner quelqu'un, ni même comme défi personnel. La seule et unique raison qui me pousse à faire une folie pareille, c’est que cela me permet de récolter une somme d'argent considérable pour un organisme de charité qui m'a grandement aidé quand j'en avais le plus besoin ! Si je suis parfaitement honnête, vu ma peur du vide, la somme récoltée ne sera jamais assez élevée pour justifier une telle folie ! Mais en accomplissant quelque chose qui me sort de ma zone de confort et en montrant mon dévouement envers une telle cause, je crois pouvoir démontrer aux gens que cette cause me tient à cœur, et ainsi les encourager à donner. Parce que le but ultime est celui-ci, bien évidemment ! Faire ma part pour récolter des fonds pour que cet organisme (Wessex Cancer Trust) puisse continuer d'aider des gens comme moi, et les soutenir pendant et après un traitement contre le cancer.

Les mains moites !

Quand j'ai signé pour mon saut, je ne pouvais m'imaginer comment tout cela allait se dérouler. Comment aurais-je pu ? En fait, j'ai essayé de ne pas y penser par la suite, parce que dès que je m'imaginais sauter, mes mains devenaient moites.  Plus le temps passait, et chaque fois que j'en parlais aux gens de mon entourage, ils me posaient inévitablement la question : "Mais pourquoi ?"  (tout le monde sachant très bien que j'avais une peur bleue du vide !). Tout ce que je gardais en tête était que l'argent récolté aiderait l'organisation à procurer de l'aide aux nombreuses autres personnes qui passeraient au travers d'une bataille contre le cancer. Les chirurgiens m'ont certainement sauvé la vie, mais Wessex Cancer Trust m'a aidé à retrouver une vie qui valait la peine d'être vécue à fond !

Breast cancer survivor shows support

Étonnamment, la veille de mon saut en tandem, j'ai très bien dormi. Probablement que le fait de sauter d'un avion était une folie que mon cerveau n'arrivait pas à analyser, mais aussi, la météo annoncée le lendemain était mauvaise.  Très mauvaise.

La pluie tomba très fort toute la matinée, sans aucun signe que le ciel allait s'éclaircir. Les gens commençaient à annuler leurs sauts et les remettre au lendemain, je décidai donc de faire pareil. Bien installés au resto du coin, mes amis et moi dînions et observions la pluie, quand soudainement, les nuages se sont dispersés pour faire place à un magnifique ciel bleu. Les conditions étaient parfaites pour un saut ! Je me suis donc rendue à l'aérodrome pour voir si je pouvais finalement faire mon saut. J'étais arrivée trop tard, les sauts ayant déjà pris du retard à cause de la pluie. On m'a offert d'attendre un peu avec mes amis, pour voir si on ne pouvait pas me faire passer avec d'autres gens. Nous nous sommes donc assis et nous avons attendu. Environ une heure plus tard, j'allais déclarer forfait et rentrer, quand on m'appela pour me dire que j'étais la prochaine à sauter ! La réalité me frappa de plein fouet. J'avais la nausée et je regrettais d'avoir mangé, mais je ne pouvais plus reculer.

L'estomac à l'envers !

Mon instructeur, Jay, était incroyable. Calme et posé, il m'a bien expliqué comment le tout se déroulerait étape par étape et cela m'a redonné confiance.  On me présenta Olga, la cameraman qui allait filmer mon saut. En répondant à des questions avant le saut, je me suis mise à avoir de nombreuses nausées et mes mains tremblaient. Je me suis rendue compte que mes nerfs prenaient le dessus sur moi.

Breast cancer survivor skydives for charityQuand je me suis finalement mise à marcher vers la piste, mon ami s'écria: « Miranda !  As-tu vu ce qu'il y a d'écrit sur ton parachute ? » Je n'avais pas vu, et je leur demandai ce que c'était. La réponse fut: « C'est mieux que tu ne saches pas alors ! ». Bien évidemment, je DEVAIS savoir ce que ça disait.

Danger ! Le parachute pourrait ne pas s'ouvrir correctement, même en ayant été assemblé, plié et opéré de la façon indiquée…

Cinq sauteurs en tandem, certains, comme moi, avec un cameraman : l'avion était bondé. L'ascension vers 3 000 mètres de hauteur allant bon train, je me suis mise à regarder par le hublot. Le niveau du sol semblait si loin, tout avait un air irréel.  En y repensant bien, je pense que je ne réalisais pas vraiment ce que je m'apprêtais à faire. Je me sentais comme si j'étais une spectatrice qui allait voir quelqu'un sauter dans le vide.

Chute libre !

La porte s'est ouverte et le premier tandem sauta, et ensuite un autre. Quelques secondes plus tard, ce fut mon tour. Nous nous sommes dirigés vers la porte...  1... 2... 3 et nous étions dehors, en chute libre, malgré que je ne me sentais pas du tout en train de tomber du haut des airs. C'était comme atterrir sur un nuage avec le vent me soufflant au visage. J'ai gardé les yeux ouverts, je ne voulais rien manquer, je voulais me souvenir de mon expérience dans les moindres détails.  Je me suis sentie vivre comme jamais auparavant ! 

Breast cancer survivor skydives for charity

Tout ce que j'avais imaginé s'avéra faux. Je me suis sentie libre, libérée et revigorée. 30 secondes après, le parachute s'ouvrait. Cela fait l'effet contraire d'une chute libre. On se sent portés, un peu comme sur une balançoire. En regardant l'horizon, sans aucun bruit autour, je me suis sentie calme et sereine, exactement le contraire de ce que je pensais ressentir à ce moment-là.

Cinq minutes plus tard, nous étions en train d'atterrir à l'aérodrome. Le saut en parachute était maintenant mission accomplie ! Ce fut certainement une expérience incroyable et, difficile à croire, mais ce fut une expérience à refaire ! Peut-être de 5 000 mètres cette fois !

 

Mon diagnostic de cancer a changé considérablement ma façon de voir les choses et ma façon de vivre. Si on recule à peine d'un an, je n'étais pas du genre à sortir de ma zone de confort.  Réussir à vaincre l’une de mes plus grandes peurs, c’est une victoire mais aussi un exemple de la façon dont je veux vivre ma vie dorénavant.  Sans aucune limite et en essayant d'aider les autres. Le soutien que j'ai reçu m'a démontré à quel point la vie vaut la peine d'être vécue à fond et l'importance d'aider son prochain dans les moments difficiles.