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Un problème de poids

Les traitements du cancer du sein font-ils grossir ?

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Même si la prise de poids est une réalité chez de nombreuses femmes au cours de leur traitement du cancer du sein, les professionnels de la santé ont bien du mal à reconnaître ce fait. Nous allons vous aider à comprendre pourquoi vous grossissez et comment vous pouvez perdre vos kilos superflus. 

 

Les traitements du cancer du sein font-ils vraiment grossir ? « Oui ! » répondent un grand nombre de lectrices d’Amoena Life. « Peut-être, » disent les experts. Par exemple, selon l’association britannique Cancer Research UK, moins de dix pour cent des femmes sous tamoxifène prendraient du poids. 

Autant dire que nous sommes tombés des nues au sein de la rédaction d’Amoena Life. En effet, à en juger par les lettres de nos lectrices, cette statistique semble être bien plus élevée dans la réalité. 

À l’instar de nombreuses autres lectrices, Peggy Mellers nous a fait part de sa frustration face à la prise de poids ayant accompagné son traitement. Septuagénaire au moment de son diagnostic, il était impossible de rejeter la faute sur la survenue d’une ménopause précoce. « Avant mon opération du sein, je faisais une taille 42. Après avoir commencé le tamoxifène, je suis passée à un 44, et ensuite à un 46, et ce alors que je n’avais pas changé mon alimentation, » raconte-t-elle. Au bout du compte, Peggy a pris 12 kilos. Bien qu’elle surveille son alimentation, en particulier sa consommation de matières grasses (son compagnon a subi un triple pontage coronarien), il n’y a rien à faire : elle n’arrive pas à perdre de poids. 

Une autre lectrice, Victoria Clark, a elle aussi bien du mal à éliminer les 12 kilos qu’elle a pris. Depuis son traitement en 2003, où elle est restée pendant longtemps sous Arimidex, elle est passée à une taille 48. Malgré avoir arrêté de prendre ce médicament il y a plus d’un an, elle n’a toujours pas perdu de poids.

 Durant l’un de ses check-up annuels, Victoria a demandé à ses médecins de l’éclairer sur l’origine du problème. « Mon médecin généraliste s’est contenté de hausser les épaules et de dire : « C'est ce qui se produit, » tandis que le médecin de l’hôpital m’a répondu : « C’est mieux que de mourir. » Je n’ai reçu aucune aide ni aucun conseil. »

 

Les rondeurs de la cinquantaine : mythe ou réalité ?

Même sans avoir enduré un traitement du cancer du sein, de nombreuses femmes découvrent, à l’approche de la cinquantaine, qu’elles ne peuvent plus manger autant qu'avant sans prendre quelques kilos. En général, ces kilos en trop se remarquent d’abord au niveau du ventre. Selon la nutritionniste britannique de premier plan Dr Marilyn Glenville, dont la spécialité est la santé des femmes, cette tendance, bien qu’extrêmement frustrante, est tout à fait naturelle. « Les femmes ont besoin d’œstrogènes pour conserver une bonne santé osseuse. À la ménopause - aussi bien artificielle que naturelle - l’organisme tente de synthétiser des œstrogènes afin de remplacer ceux qui ne sont plus produits par les ovaires. Pour ce faire, il rajoute des cellules graisseuses autour de la taille pour faire office de site de production, » explique-t-elle. 

« D’une certaine façon, vouloir rester mince va à l’encontre des tendances naturelles de notre organisme, » poursuit le Dr Glenville. « Cela explique également pourquoi les femmes prennent du poids pendant leur traitement du cancer du sein, surtout si elles sont sous anti-œstrogènes. » En plus de démontrer que nous ne nous faisions pas des idées, cette théorie explique de façon cohérente pourquoi tant de femmes grossissent lorsqu’elles sont sous traitement hormonal. 


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Par ailleurs, les experts reconnaissent que la chimiothérapie peut également entraîner une prise de poids. En effet, les stéroïdes administrés dans le cadre du traitement ralentiraient le métabolisme. Les papilles gustatives étant aussi parfois touchées, on a tendance à manger davantage (pour combattre le mauvais goût ou bien pour faire le plein d’aliments ayant toujours un goût agréable).

L’activité physique joue également un rôle important. En effet, tandis que les femmes avec qui nous nous sommes entretenus sont persuadées pour la plupart que leur traitement y est pour beaucoup dans leur prise de poids, elles reconnaissent volontiers avoir connu une période d’activité physique réduite. Certaines ont également connu un changement permanent dans leur rythme de vie, ce qui peut avoir un impact sur plusieurs mois. Si vous avez grossi, vous reconnaîtrez sans doute que certains de ces facteurs sont en partie responsables. Quoi qu’il en soit, respirez profondément et détendez-vous : le stress pourrait bien être votre pire ennemi. 

 

Trop stressée pour être mince ? 

Imaginez mentalement une personne angoissée. Elle doit être rachitique à force de s’inquiéter, non ? Eh bien, détrompez-vous ! Selon le Dr Glenville, le stress contribue également au stockage des graisses dans notre corps. 

« Le stress du diagnostic et du traitement peut entraîner une prise de poids car le cortisol, communément appelé « hormone du stress » , peut influencer notre alimentation, » explique-t-elle. « En gros, lorsqu’on est stressé, notre organisme ressent le besoin de stocker des graisses afin de se protéger. Si on luttait pour notre survie, ce serait très bénéfique en cas de famine. » En revanche, ce n’est pas l’idéal lorsqu’on a seulement envie d’être belle dans nos vêtements. 

En résumé, lorsqu’il s'agit de perdre du poids, nos hormones - tant naturelles qu’artificielles - sont contre nous, de même que notre âge et le fait d’être stressée. Devons-nous donc faire une croix sur notre ligne ? Heureusement, non. Il existe une solution, et celle-ci repose sur un bon équilibre. Vous serez ravie d’apprendre que vous pouvez passer les régimes tendance aux oubliettes une bonne fois pour toutes, et que vous n'avez pas besoin non plus de vous mettre à courir des marathons. 

 

Un nouveau rapport avec la nourriture

Comme nous l’avons expliqué, en vieillissant ou en cas de carence en œstrogènes, notre organisme s’efforce de conserver sa masse osseuse en accumulant des graisses au niveau de la taille. Tandis que certaines femmes sont contentes d’acquérir des rondeurs, d'autres souhaitent à tout prix retrouver leur poids d’avant-diagnostic. Quel que soit votre choix, il est primordial de vous assurer que vous êtes en bonne santé. Un bon moyen de le faire, c’est de surveiller votre rapport taille-hanche, lequel ne doit pas dépasser 0,8 (voir à gauche). 

Il est important de rappeler qu’il s’agit ici de graisses très « actives ». Comme l'explique le Dr Glenville, celles-ci fonctionnent à la façon d’une glande en produisant des hormones qui changent notre appétit et influencent notre choix en matière d’alimentation. Au moins, maintenant, vous savez que vos envies de pâtes étaient bien réelles! 

Chez les femmes ayant souffert d’un cancer du sein, ce type de graisse inspire bien sûr une autre inquiétude : le risque de récidive. La majorité des cancers du sein étant hormonosensibles, il semble logique de réduire au maximum cette usine d'œstrogènes autour de notre taille. Mais la question est : comment y parvenir ?

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