Thérapies

Sources : Centre de Recherche et de Lutte contre le Cancer. Le Service d’information sur le Cancer propose beaucoup d’autres sources et informations dur les traitements postopératoires

Radiothérapie

La radiothérapie est, depuis 80 ans, la forme de thérapie complémentaire à l'opération, la plus souvent utilisée dans le traitement du cancer du sein. Durant ces dernières années, cette thérapie a beaucoup progressé. Le corps médical dispose de nouveaux appareils qui permettent de rendre cette thérapie plus efficace.

Le but de la radiothérapie est d’atteindre une concentration de rayons la plus élevée possible dans la zone à traiter et de ménager en même temps, dans la mesure du possible, les tissus environnants sains.

La radiothérapie vise à détruire les cellules cancéreuses qui n’ont pas été enlevées au cours de l’opération. Les rayons ionisants transforment le patrimoine héréditaire des cellules, qui sont en règle générale réparées par les cellules normales et saines. Les cellules cancéreuses, au contraire, ont un système réparateur qui fonctionne mal et ne peuvent donc éliminer les influences causées par les rayons: les cellules cancéreuses se nécrosent.

La radiothérapie est toujours prescrite dans les cas suivants:
- chirurgie conservatrice,
- lorsque des tissus cancéreux n’ont pas pu être complètement enlevés au cours de l’opération
- dans le cas de certaines métastases.

Après une opération réparatrice, des séances de rayons sont absolument nécessaires.

Depuis déjà plusieurs années, on privilégie les chirurgies conservatrices en association avec un traitement post-opératoire adjuvant de radiothérapie. On utilise également l’effet curatif et palliatif de la radiothérapie dans le cas notamment de douleurs difficilement influençables.

La radiothérapie adjuvante permet avant tout de limiter le risque de formation d'une nouvelle tumeur à l’endroit déjà opéré (récidive locale). On commence en général les séances rayons au plus tôt trois semaines après l’intervention chirurgicale. La cicatrisation de la plaie reste le critère décisif et déterminant pour débuter une radiothérapie. La cicatrice devra en effet être bien refermée, afin que les tissus renouvelés puissent supporter les rayons. L’état de la patiente, l'importance de l’opération, ainsi que la partie à traiter aux rayons sont également pris en considération.

Effets secondaires de la radiothérapie

La radiothérapie du sein et d’éventuelles zones de circulation de la lymphe dure environ 6 semaines. Durant cette période, la patiente est traitée en ambulatoire (en général) 4 ou 5 jours par semaine.Malgré une planification et une réalisation consciencieuse de la thérapie, il faut tenir compte de l’apparition éventuelle d'effets secondaires non désirés. Ceci dépend par exemple de la grosseur du sein. Les habitudes alimentaires de la patiente ainsi que sa consommation d’alcool et de tabac jouent également un rôle important. Parlez en avec votre médecin.

Les réactions aiguës se résorbent en général au cours des trois premiers mois après la fin de la radiothérapie.

Réactions cutanées 
Dans certains cas, parallèlement à une importante desquamation, on peut observer des rougeurs sur la peau, souvent plus fortement marquées chez les femmes ayant une poitrine généreuse. Occasionnellement, il peut aussi apparaitre une modification de la pigmentation de la peau sur la zone traitée.

La peau irradiée est très sensible aux irritations externes et doit faire l’objet d’une grande vigilance au quotidien, et ce dès la première séance de rayon jusqu’à trois semaines après la fin du traitement. C’est pourquoi, il est préférable d’éviter l’usage de savons irritants, d’alcool, d’essence, d’éther, d’eau de Cologne, de déodorant en spray, de pansements irritants, de produits à frictionner (rhumatisme) ou encore tout traitement par la chaleur (compresses chaudes, rayons infrarouges ou un plein soleil) ainsi que le port et le frottement de vêtements trop ajustés (surtout les fibres synthétiques). Il est également recommandé de ne pas gratter, brosser ni frotter la peau. Remplacez les fines bretelles de vos soutiens-gorge par des bretelles plus larges et doublez la partie sur l’épaule avec un molleton.

Une peau intacte doit fait l’objet d’un soin spécifique. Si vous avez la peau qui devient sèche, qui vous démangé ou qui présente des rougeurs, utilisez une crème rafraîchissante et hydratante. En cas d’apparition d’une desquamation de la peau, utilisez une crème qui contient du Dexpanthenol pour l'hydrater et appliquez la 2 à 3 fois par jour en couche fine. Une autre alternative est de soigner la peau 2 à 3 fois par jour avec un talc (type talc de bébé) qui apaise les douleurs, protège la peau et calme l’irritation. Lavez-vous durant la radiothérapie et jusqu’à la totale disparition des réactions cutanées uniquement avec de l’eau tiède et un savon liquide au PH neutre.

Thérapie systémique (Hormonothérapie, chimiothérapie)

En complément à l’opération et la radiothérapie, les cellules cancéreuses seront éventuellement détruites par des médicaments se répartissant dans tout le corps (effet systémique). Le choix du traitement varie-t-il lorsqu' il s’agit d’une thérapie de prévention (adjuvante) ? Doit-on atteindre des métastases découvertes tardivement ? Le cancer est-il hormono-dépendant ? Ou s’agit-il de l’un des critères cités plus bas ? Hormonothérapie

Hormonothérapie

Des scientifiques ont prouvé que la plupart des cellules cancéreuses du sein sont sensibles aux hormones, c'est à dire que la régulation de la croissance de ces cellules peut être influencée par les hormones et anti-hormones.

En d’autres termes , si l'on modifie le patrimoine hormonal d’une femme, il est possible d’empêcher l’apparition de métastases, et donc, pour les cancers développant des métastases de faire reculer la maladie (rémission).
On dispose aujourd’hui différentes méthodes d’hormonothérapie (endocrinien) pour lutter contre le cancer du sein:

  • Interruption du fonctionnement des ovaires : la médecine moderne ne procède plus par opération (ovariectomie), mais par traitement médicamenteux. On prescrit à la patiente du GnRH-Analoga (substance synthétisée, qui ressemble à l’hormone hypophysaire Gonadotropin-Releasing), qui régularise la production d’œstrogènes des ovaires.
  • Traitement anti-oestrogènes : certaines tumeurs disposent de récepteurs, qui enregistrent la présence d’œstrogènes ; les cellules augmentent alors. Les anti-oestrogènes annulent l'action de ces récepteurs : la croissance des cellules cancéreuses n’est alors plus stimulée.
  • Prescription d’anti-aromatases : ils réduisent la synthèse des oestrogènes.
  • Prise de progestatifs : ils contribuent à la baisse du taux d’œstrogènes dans le sang et annulent l'action des récepteurs.

Pour chaque cas, le médecin doit décider du traitement le mieux approprié à la patiente. Ce traitement varie, entre autre, si la patiente était atteinte du cancer du sein avant ou après la ménopause.Avant la ménopause (préménopause), on préconise en premier lieu la suppression du fonctionnement des ovaires, et pour une récidive, on prescrit un traitement supplémentaire anti-oestrogènes.Après la ménopause (post-ménopause), on prescrit des anti-oestrogènes (Tamoxifène). Ces médicaments sont très bien tolérés. Toutefois, sous Tamoxifène, une prolifération de la muqueuse de l’utérus peut parfois survenir ; c’est pourquoi il est conseillé d'effectuer un examen de contrôle gynécologique 2 fois par an. En cas de saignements, la patiente devra consulter son gynécologue sans attendre.

En comparaison avec la chimiothérapie, l'hormonoithérapie présente proportionnellement moins d'effets secondaires.

Il est également recommandé de discuter des différentes solutions possibles de contraception avec votre gynécologue. La pose d’un stérilet est en principe possible ; la pilule peut même être envisagée dans le cas de certaines tumeurs, malgré un réflexe spontané de craintes.

Chimiothérapie

La croissance de cellules cancéreuses éventuellement encore présentes dans le corps peut être freinée par certains médicaments cytotoxiques. Ceux-ci agissent d’une manière très particulière dans le procédé de division des cellules. Soit ils stoppent leur croissance, soit ils empêchent une nouvelle multiplication des cellules. Les médicaments cytotoxiques sont administrés pendant plusieurs mois à petites doses et agissent tout particulièrement sur les cellules qui croissent rapidement (ce qui est le cas des cellules cancéreuses).

Le but premier de la chimiothérapie préventive (adjuvante) est d'empêcher l’apparition de métastases dans le corps et ainsi d'augmenter sensiblement l’espérance de vie. La chimiothérapie adjuvante, ainsi que la radiothérapie, sont utilisées dans les cas de chirurgies réparatrices.
Des informations montrent que, grâce une chimiothérapie intense, l’intervalle sans métastases de patientes atteintes du cancer du sein peut être augmenté de 35 % en moyenne.

Différents facteurs interviennent dans le choix d'une chimiothérapie : notamment l’âge de la patiente, son état général, son prétendu "statut de récepteur" (la plupart des tumeurs du cancer du sein chez la femme présentent des récepteurs d’hormones, par lesquels la croissance du cancer sera influencée), le niveau de gravité de la tumeur (degré de malignité) et si les ganglions lymphatiques sont déjà atteints ou non.

Certaines études importantes montrent que la chimiothérapie est plus efficace sur les femmes de moins de 50 ans, c’est-à-dire sur les femmes avant la ménopause, indépendamment de leur statut de récepteur.
Pour les femmes ménopausées, c'est à dire de plus de 50 ans, ayant des résultats de récepteur positifs, la chimiothérapie n'augmente pas les chances de survie aussi nettement (seulement 10% ). Dans le cas d’un cancer hormono-dépendant, une hormonothérapie sera conseillée.

Une chimiothérapie prend une place considérable dans la vie d’une patiente et de sa famille. Si la situation le permet et sans contre-indication médicale, la chimiothérapie doit être réalisée en ambulatoire, une hospitalisation n’étant généralement pas nécessaire.Effets secondaires de la chimiothérapie

Effets secondaires de la chimiothérapie

Les médicaments utilisés dans la chimiothérapie empêchent les cellules cancéreuses de se diviser ou de se reproduire (ce qui les élimine), mais ils vont également détruire un grand nombre de cellules saines qui se divisent. Cela peut provoquer des effets secondaires considérés comme gênants par une majorité de patientes.
Ces effets sont temporaires: les cellules sanguines fonctionnent à nouveau normalement lorsque les traitements de chimiothérapie prennent fin.

Moëlle osseuse 
La moëlle osseuse, organe hématopoïétique (où se forment les globules), est sensible aux chimiothérapies. Ainsi les conséquences de ce traitement peuvent être mesurées au nombre des globules blancs présents dans le sang. Si ce nombre descend au-dessous d’un seuil minimum, il faut alors interrompre le traitement jusqu’à ce que le corps ait à nouveau produit suffisamment de globules.

Chute des cheveux 
Les médicaments administrés durant la chimiothérapie attaquent souvent les tissus, qui se renouvellent le plus souvent. Parmi ces tissus on retrouve, entre autres, les cellules des racines capillaires. Les conséquences peuvent alors être différentes selon le type de chimiothérapie retenu : soit les cheveux deviennent plus fins, soit ils tombent partiellement ou en totalité.

Petite consolation pour toutes celles qui ont perdu leurs cheveux : ils repoussent toujours après l'arrêt du traitement. Dans l’attente de cette repousse, vous pourrez porter une belle perruque, un chapeau de couleur ou un foulard original.

Nausées et vomissements 
La chimiothérapie agit également sur les muqueuses de l’estomac et provoque des nausées et parfois des vomissements. La solution efficace à ces maux est la prescription d’un médicament associé à l’injection de chimiothérapie ou pris sous forme de comprimés.

Perte d'appétit
Durant la chimiothérapie, la perte d’appétit est la conséquence des vomissements.

Voici quelques règles de base pour régler votre appétit:

  • Evitez de boire durant les repas, afin d'alléger votre estomac
  • Mangez doucement, de préférence plusieurs fois dans la journée, et en petites quantités : votre estomac sera moins chargé.
  • Mâchez bien, afin de mieux digérer les aliments.
  • Evitez les sucreries et les aliments frits et gras
  • Avant de prendre vos médicaments, mangez quelque chose de léger comme une soupe ou un biscuit.
  • Des aliments secs, tels que toasts ou des biscottes calment l’estomac.

Il est en général conseillé d’avoir une alimentation diversifiée comprenant des fruits et légumes mais aussi de la volaille, du poisson et de la viande. Certaines patientes présentent, durant la chimiothérapie, une aversion pour le poisson ou peuvent avoir le sentiment que la viande a un goût amer. Dans ce cas, on peut cuisiner la viande dans une sauce de soja au jus de fruits ou au vin.

Infection des muqueuses 
Les chimiothérapies peuvent parfois avoir des incidences sur les muqueuses buccales, ce qui peut rendre la bouche sèche, provoquer des crevasses ou des abcès. C’est pourquoi, durant un tel traitement, il est particulièrement important d’avoir une hygiène minutieuse de la bouche. Il est notamment conseillé d’utiliser une brosse à dent souple et un dentifrice au fluor afin d’éviter les caries. N’utilisez pas de collutoire (solution pour bains de bouche) qui contienne trop de sel ou d’alcool. Portez du rouge à lèvres permettant de garder les lèvres humides. Lorsque les muqueuses de la bouche et du pharynx sont déjà irritées, consommez des aliments non épicés.

Autres infections 
La chimiothérapie portant atteinte à la production de globules blancs, vous devez impérativement vous protéger de tout type d'infections.Faites très attention, et évitez:

  • Fuyez les foules et les personnes ayant une maladie contagieuse telle que la grippe ou la varicelle.
  • Contactez rapidement votre médecin en cas de fièvre, frissons ou diarrhée qui dureraient plus de deux jours, ou de brûlures en allant aux toilettes.

Saignements 
La chimiothérapie réduit également la production de plaquettes sanguines (thrombocytes) assurant la coagulation en cas de blessures.
Pour cette raison, des blessures occasionnant une perte de sang peuvent être dangereuses.

Faites particulièrement attention :

  • Lorsque vous vous coupez les ongles
  • Si vos gencives saignent, utilisez de la ouate pour nettoyer vos dents
  • Lorsque vous jardinez, portez des gants de protection (contre les épines, par ex.)
  • A ne pas prendre d’aspirine, car ce médicament liquéfie le sang et l’empêche de coaguler.
  • A ne pas consommer d'alcool
  • A ne pas prendre d'autres médicaments que ceux prescrits par votre médecin

En cas de blessure, pressez un torchon propre ou un mouchoir en papier pendant quelques minutes sur la plaie. Si vous continuez à saigner ou si la blessure enfle, consultez absolument votre médecin.

Effets retardataires 
L'intervention et l'importance d'éventuels effets retardataires ne sont aujourd'hui encore pas prouvées. On redoute notamment des récidives, des effets sur les tissus des poumons et des muscles du coeur. Dans l'évaluation des riques encourus lors d'une chimiothérapie, il faut toujours tenir compte de l'augmentation des chances de survie.