Vif succès pour les rencontres régionales pour les femmes opérées du sein jeudi 1er mars après-midi à Nantes Saint-Herblain.
Après le diagnostic, il n'est pas toujours aisé de retenir les informations données. Plus tard, des questions concrètes surgissent et les interlocuteurs compétents sont difficiles à rencontrer. Pourtant les témoignages des femmes que nous rencontrons nous disent combien l'information est importante dans ce parcours. Pour toutes ces raisons, nous avons souhaité mettre en place les rencontres régionales des femmes opérées d'un cancer du sein.
Plus de 500 participantes ont ainsi pu trouver des réponses à leurs interrogations lors des conférences et en visitant les points de rencontre à thème proposés.
Les rencontres régionales ont été organisées par Amoena, avec le soutien de la Mutuelle Radiance, en collaboration avec:
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les Docteurs Raphaëlle Pioud-Martini et Jean-Marc Class, chirurgiens oncologues
Centre de lutte contre le cancer René Gauducheau à Nantes
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Noëlla Jarousse, sexologue et conseillère conjugale et familiale
CHU/Polyclinique de l’Atlantique à NantesHôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris
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Catherine Voisin, Assistante sociale
Assurance Maladie
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Dr Pierre Touboul, médecin conseil
Assurance Maladie
Article paru dans l’édition de Ouest France du samedi 3 mars 2007:
Colette, Bénédicte, Monique, Colette et Louise-Marie ont choisi de porter des prothèses mammaires, de la lingerie et des maillots adaptés après leurs opérations du sein. Elles veulent passer le message aux autres femmes concernées parce qu'elles estiment « qu'on n'en parle pas assez ». voir l'image
Elles racontent leur vie après l'opération du sein
Confrontées au cancer du sein, des femmes ont témoigné, jeudi, près de Nantes, de leur parcours après une ablation chirurgicale. Devant plus de 400 personnes, elles ont parlé de leurs solutions pour vivre « avec un côté plat ».
Monique, les deux Colette, Bénédicte et Louise-Marie sont en train d'essayer lingerie et maillots de bain. Coup de peigne, maquillage, elles se pomponnent. Tout à l'heure, devant plus de 500 personnes, elles vont présenter prothèses mammaires, lingerie et maillots de bain adaptés de la marque Amoena France (1). Ces cinq femmes ont été confrontées à un cancer du sein et opérées : une mastectomie, l'ablation chirurgicale d'un sein. Elles témoignent sur « la vie après, avec un côté plat », comme dit simplement Bénédicte, de Lisieux (Calvados).
Elles veulent surtout informer les autres femmes sur l'après-opération du sein, elles qui vivent désormais avec une prothèse.
Colette, de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), a participé, avec une quarantaine d'autres hommes et femmes, à la campagne d'affichage « Nous sommes 2 millions de héros ordinaires », organisée récemment par l'Institut national du cancer. Elle raconte : « Je suis passée par trois chirurgies, six cures de chimio, vingt-cinq séances de radiothérapie et cinq ans d'hormonothérapie. J'étais préparatrice en pharmacie et ma première prothèse mammaire - à glisser dans le soutien-gorge - c'était un obus. J'avais peur qu'elle tombe, je ne pouvais pas m'allonger. » « Besoin de retrouver une silhouette »
Bénédicte, quant à elle, évoque ses peurs juste après l'ablation : « C'est difficile de se réhabituer à ce corps mutilé. J'imaginais que je ne pourrais plus sortir, me montrer à un homme. C'est important, l'apparence extérieure. » Colette reprend la parole : « J'avais besoin de retrouver une silhouette. » Monique, de Pornic (Loire-Atlantique), enchaîne : « Je me cachais dans la salle de bain pour me déshabiller, jusqu'à ce que mon mari me dise : ça suffit, ça ne change rien au fait que je t'aime. »
Complices, les cinq femmes évoquent leur parcours personnel, confient des morceaux d'intimité vécus au sein de leurs couples : « Je ne pouvais pas rester sans lui montrer [elle écarte les bras pour montrer son geste]. Il a vu, ça l'a saisi... » « Moi, un homme m'a dit, « même avec un sein en moins, tu me plais ». Toutes n'ont pas eu autant de chance : « J'avais une relation, il ne m'a plus donné de nouvelles... » Ou bien : « Mon mari n'osait plus me toucher. » Colette, de la Bresse, ajoute : « Beaucoup de femmes se retrouvent seules. »
Prothèses mammaires et lingerie adaptée
Aujourd'hui, en mission à Saint-Herblain pour la marque Amoena France, elles sont venues parler prothèses mammaires et lingerie adaptée. « Nous, on n'était pas informées », disent-elles. Colette explique : « J'ai commencé à revivre avec la prothèse Contact (2), qui adhère à la peau. J'ai voulu la faire connaître. » Colette enlève son chemisier et montre comment la boule souple qui remplit le bonnet de soutien-gorge adhère à la peau. Monique ajoute : « C'est une prothèse qui permet de bouger. On l'oublie. Ma démarche, c'est de montrer ma solution. Pour d'autres, ça peut être la reconstruction. »
Bénédicte l'a envisagée : « La reconstruction mammaire interne, c'est un volume qu'on retrouve, pas un sein. Et ce n'est pas possible pour toutes les femmes. Je vis bien comme ça, grâce à la prothèse. L'apparence extérieure est la même, c'est ce qui me permet de me reconstruire sereinement de l'intérieur. » Louise-Marie, du Touquet, l'assure elle aussi : « Moi qui voulais tout de suite être comme avant, il m'a fallu du temps pour accepter la prothèse. Aujourd'hui, j'ai fait mon chemin et je peux être utile aux femmes opérées en les conseillant. »
Édith GESLIN.
(1) Leader mondial de la fabrication de ces produits, la société organisait des rencontres régionales pour les femmes opérées du sein, jeudi, à Saint-Herblain, avec la participation de chirurgiens oncologues du centre de lutte contre le cancer René-Gauducheau de Nantes, de représentants de l'Assurance maladie, de professionnels et associations en contact avec les personnes touchées par un cancer.
(2) Elle coûte 160 € et est remboursée par la Sécurité sociale (pour une prise en charge à 100%).
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